jeudi 3 décembre 2009

Cour d'école


Les pépés sont bruyants ... moins après l'effort! On se serait cru dans une cour d'école.
J'ai goûté ce matin le cours de gym des anciens, des "moins jeunes", (des vieux, des ancêtres, des retraités, de ceux qui ont plus de 70 ans), ne pouvant honorer celui du soir pour cause de conseil de classe! Il n'y a aucun souci puisque notre coach nous fait faire, toujours et à tous, les mêmes mouvements sur les mêmes enchaînements.
Je suis arrivée juste à l'heure, j'ai été très surprise par le niveau sonore, ça braillait sec, les sonorités mâles dominant le babillage de ces dames! "Sont un peu sourds, ont beaucoup fumé ce qui explique le gras de la voix", me suis-je dit!

Les hommes se sont mis au fond, entre eux,  les femmes devant ... Si vous faites abstraction de leur visage non lifté et de la peau du cou qui pend, (genre cou de dindon), ce sont de bien belles femmes avec des corps que beaucoup d'adolescentes leur envieraient, en juste-au-corps noir moulant, avec  un soupçon de petit ventre rond. "Fichtre, me suis-je dit en bavant d'envie! La gym ça conserve!" Dommage qu'elles aient enfilé à la fin du cours des vêtements de vieux, l'éternel parka marron, la bottine fourrée et le pantalon sac, de la fringue mémère en gros!
Le niveau sonore a baissé au fur et à mesure que le temps passait, nous n'avons bientôt plus rien entendu sauf le prof nous conseillant de faire gaffe à nos "incus" (mot mystérieux) et de travailler le périnée même pour les hommes, ce travail étant le garant d'une prostate à toute épreuve! (enfin j'enjolive car je ne me souviens plus très bien de ce qu'il a pu dire sur les prostates de ces messieurs!)
Pour une fois, je me suis fait discrète n'osant pas trop blaguer de si vénérables ancêtres! 20 ans de plus que moi, quand même, ça me semble énorme!
Tous ont la forme pourtant et ce cours n'a rien à envier à celui des plus jeunes. 

lundi 30 novembre 2009

La piscine

Tous les lundis je continue à aller à la piscine. Je suis en perfectionnement si tant est qu'à mon âge on puisse encore se perfectionner, notamment en brasse. Cette nage est désespérante, à partir du moment où l'on a appris très jeune une espèce de brasse type grenouille, c'est fichu! Pas moyen d'avancer correctement, gestuelles inélégantes avec une hanche qui penche, une jambe plus basse que l'autre et surtout la sensation de ne pas avancer avec des douleurs dans le bas du dos et dans le haut du cou. De temps en temps, par un défaut de coordination, on s'avale une grande lampée d'eau de piscine dans laquelle flottent de nombreux "glaviaux" (âme sensible s'abstenir). La brasse est une nage préjudiciable aux maux de genoux, il faut dans ces cas-là privilégier le crawl!
"Le dos" est aussi très gratiné surtout dans des exercices d'amélioration de la rotation des bras. Le truc en mousse entre les cuisses, on est à deux doigts de la noyade par inhalation de l'eau. Le secret est de respirer par la bouche et souffler par le nez, mais voilà, les voisins de ligne d'eau vous frôlent dans de grands mouvements et hop, un petit sniff réflexe, c'est la submersion garantie. Les sinus sont remplis pour au moins une semaine!

Bref, lundi c'était technique en papillon! Très, très dur d'autant que je suis distancée par une ex-nageuse de l'est qui fait des bonds énormes en papillon et une jeune nana qui a des cuisses de déménageur et une pêche d'enfer. Pff!
Non, ce n'est pas une séance de torture mais trois quart d'heure de nage intensive, exaltante, dans une flotte un peu froide. Il est difficile de réguler notre souffle sur les premières longueurs à cause du froid. Notre piscine tombe en ruine, dans un an elle sera rasée! Pas question donc de barboter sinon on gèle peu à peu, crampes en prime. Alors on s'y donne à fond, sans papoter!  On sort de là en pleine forme, la soirée commence bien, pas de souci! Je ne suis pas couchée avant minuit, c'est garanti.
J'aime particulièrement les retrouvailles dans les vestiaires après l'effort comme quand on était petite, on jacasse, on rigole! L'ambiance mémère sur le retour, genre colonie de vacances, c'est pour nous, les quelques petites jeunes préfèrent l'intimité de la cabine individuelle. Je vous ferai grâce des conversations très "ménagère de plus de cinquante ans" ... Certains propos pourraient choquer et vous ôter toute illusion sur la nature humaine.

samedi 28 novembre 2009

Le vélo, c'est bien aussi!

Point de vélib chez nous, même pas une boutique pour louer des engins aux touristes! C'est trop dangereux! Nous avons quelques décennies de retard sur de nombreuses autres régions, les routes sont consacrées au "tout bagnole"! Constamment il faut songer à garer ses fesses, si on ne risque pas l'accident, ou l'arrosage gratuit des voitures qui foncent dans les flaques jouissant du plaisir de faire gicler l'eau sur vous, au pire, on se fait klaxonner.

Pourtant ce matin, pas question de traverser la mare à pied, j'ai donc pris mon vieux vélo afin d'aller poster mes lettres. Ma vieille bécanne est tout confort, une selle à faire pâlir d'envie, un guidon à l'ancienne, poignées rembourrées orientées pour le bien-être du poignet et du bras. Le seul inconvénient est qu'elle fait crich crich quand je pédale, ça gâche un peu les coups sourds du  ressac,  le bruissement des feuillages et le couinement des branches!
Ce matin il fait toujours du vent, 55km/heure orienté sud-ouest, l'air est doux mais gris. Les routes sans trottoirs mais aux abords herbus sont jonchées de branches cassées et d'aiguilles de pins. L'air exhale l'humidité, la feuille écrasée, le bois pourri et le champignon. On y croise quelques coureurs à pieds ou des habitués qui font le tour de la corniche en voiture pour contempler la mer. Je l'ai fait en bicyclette. Dans certaines petites rues, il faut lutter contre le vent, appuyer davantage sur les pédales, c'est la minute sportive. On rentre éblouie, le sentiment d'avoir réellement assouvi un rêve, celui que j'avais étant petite d'habiter au bord de la mer...
Je jouis tous les jours de ce privilège et pourtant, je me demande parfois s'il ne s'agit pas d'un enterrement grandeur nature, si je ne perds pas quelque chose à rester accrochée  à mon rocher comme une bernique, si je n'aurais pas gagné davantage à partir ? J'aime lire le plaisir de Clo à Mayotte qui, étant partie à reculons, finalement ne regrette pas le moins du monde! Certes il y a toujours la mer ... et chaude en plus!


jeudi 26 novembre 2009

Aujourd'hui, gris ....

Gris comme le ciel,  une souris,  les rochers de granit,  un mur en tôle... Personne n'a jamais eu l'idée de chanter "gris c'est gris", la couleur inspire peu! Mais est-ce bien une couleur? Non, c'est une valeur d'intensité dont la perception pour l'oeil humain se situe entre le noir et le blanc, deux couleurs parfaites. Il ne l'est donc pas mais on dénombre 256 niveaux de gris possibles. Je vis dans le gris (les murs), un espèce de gris souris un peu clair,  je n'en suis guère affectée et je finis par ne plus le voir d'ailleurs. Celui du ciel, surtout quand il est bas et lourd influence davantage notre humeur.  Dans notre société, le gris est  est lié à la tristesse, à  la solitude et au désarroi, alors qu'en Inde il est sacré.

C'est une "couleur" qui ne lasse pas, qui n'agresse pas, elle ne perturbe que lorsque l'humeur est sombre. Pour moi, elle est associée aux vieux films en noir et blanc que je voyais avec parcimonie sur la télé de mon enfance. Avec le vent qu'il fait, je m'imagine telle Mary Poppins m'envoler dans le ciel sur fond gris.


 Je n'ai jamais eu le droit de regarder Mary Poppins en entier, juste le début et je pense que ma mère devait trouver les productions américaines ridicules (alors qu'elle ne les avait pas vues elle-même). J'avais par contre le droit de regarder Thierry La Fronde, (j'étais amoureuse du héros), Jacquou le Croquant, et surtout les Saintes-Chéries (1965-1970)... L'Ina permet de regarder à l'envie des extraits de cette série française, notamment le début et son générique. Les dialogues ont peu vieilli et la nouvelle série  "scènes de ménage" entre aperçue sur la Six récemment ne lui arrive pas à la cheville ....J'aime la truculence de Micheline Presle qui, incarnant somme toute une  bourgeoise-femme au foyer, ne s'en laisse pas compter par Daniel Gélin! Elle était coiffée à la "Jacky Kennedy" et ses talons aiguilles faisaient sûrement  de grands "rcckk" sur le sol quand elle marchait! Vous remarquerez  dans l'extrait que tout est gris mais  le regard de l'actrice, lui,  pétille de malice.

lundi 23 novembre 2009

L'hôtel de la Pointe à Cap Coz

Novembre en Bretagne est un mois sans, sans bonnes tables ouvertes pour festoyer! Samedi 21, la Roseraie de Bel Air à Quimper faisait déjà le plein depuis plus de trois semaines, l'Auberge des Glazicks à Plomodiern qui avait cette fois-ci ma préférence ainsi que Ar Men Du à Raguenes étaient fermés. Je n'avais pas envie de tester la Taupinière n'ayant guère apprécié il y a quelques années les crackers Belin en amuse bouche, ni le moulin de Rosmadec à Pont-Aven car je ne vais pas dans ce genre de restaurant (un macaron) pour manger en entrée une sardine grillée enroulée dans sa feuille de bric sur un lit de laitue.
Bref, j'avais donc fait le tour des popotes locales dépitée de ne rien trouver et je me suis rabattue sur l'hôtel de la Pointe à Cap Coz. Le lieu est magique, même la nuit! Par tempête se garer sous les pins cinquantenaires entre le grand large et la vasière de Port-La-Forêt (prononcer Port Laf!) fleure bon les algues et les embruns.


Le restaurant est rénové, l'accueil chaleureux. L'arrière salle où nous avons dîné est malheureusement bruyante, embuée, peu éclairée. D'emblée, le service s'est révélé patachon mais sympathique. Les plats sont joliment présentés, à la mode actuelle, les produits servis très frais mais tout (ou peu s'en faut) a le même goût: une espèce de sauce type viandox, marronnasse, sucrée et salée nappe la queue de lotte comme la tranche de cochon de lait farcie. Le dessert est très quelconque, tout droit sorti des bacs de congélation, le vin pitoyable mais flatteur. On sort gavé car les portions sont copieuses mais le rapport qualité/prix n'y est pas, il suffit de se contenter du petit menu afin d'en avoir pour son argent.


Je suis donc étonnée que le Nautile à Concarneau pour une prestation légèrement meilleure, une gamme de saveurs plus étudiées soit moins bien noté que le restaurant de la Pointe par le Michelin qui sur son site ne le classe ni dans les adresses de charme (ce qu'il est) ni les meilleures adresses à petit prix (à mon sens, ni l'un ni l'autre ne le sont). On y est mieux installé, la vue y est fabuleuse sur la baie et la plage, les plats sont plus légers, pour une addition équivalente.

lundi 16 novembre 2009

Serviettes et torchons

Les enfants qui passent beaucoup de temps dans d'autres familles ont découvert la magie des serviettes individuelles à table. Chez nous, rien, aucune serviette avec rond du même nom rangée dans le tiroir au bout de la table ou dans la panière à cet usage! Soit on mange propre (ce qui est fortement conseillé) soit on se débrouille pour essuyer délicatement et surtout discrètement la bave ou les traces de gras sur le menton. Plusieurs solutions: la nappe (oui, oui) mais plus pratique le torchon de cuisine, grand, visible, souvent négligemment posé sur une chaise, jamais seul à deux voire trois. Il sert à tous et toutes, peut aussi être utilisé pour essuyer par terre, le plan de travail, les mains et accessoirement les verres et la vaisselle.
Mon fils a analysé longuement le processus et tenté de nous habituer à l'usage des serviettes. Il a lamentablement échoué et renoncé. L'objet de convoitise devient vite commun, on ne sait plus à qui il appartient, il finit torchon, en bouchon dans un coin, humide, il ne sèche pas puis il pue! Il a renoncé depuis longtemps à habituer ses parents à ce savoir vivre enseigné par Nadine de Rotschild! Les visiteurs se précipitent sur le sopalin ou adoptent, discrètement, les mêmes coutumes de sauvageon. Après discussion, il apparaît que ces mauvaises habitudes viennent de la branche paternelle car chez moi, on avait des serviettes que l'on gardait pour la semaine.
La coutume du torchon commun se pratique aussi chez d'autres, ce qui est pour le moins rassurant. Probablement sont-ce des survivances passées, préhistoriques, lorsque la horde à l'entrée de la caverne rongeait les os avec avidité!
Parmi les habitudes peu ragoûtantes, il y a aussi lécher la cuillère de confiture et la remettre dans le pot, coutume combattue par Sameplayer qui lui est bien élevé: il débusque l'impétrant dans un grand "rhaaa, t'es vu" dénonciateur puis il le maudit jusqu'à la dixième génération, mettant la honte à toute la nichée réunie pour un petit déjeuner paisible (raté). On n'hésite pas non plus, à boire au goulot, manger le dessert sur la nappe sans petites assiettes, manger la salade avec les doigts, (saisir délicatement entre l'index et le pouce une feuille), aspirer les huîtres dans un grand slurp, faire miam en se régalant .... Bref, rien que des horreurs qu'on ne pratique probablement pas dans le beau monde!

Ah, j'oubliais, il existe toutefois une règle à laquelle on ne déroge pas, on ne pète pas à table! Dieu merci!

samedi 14 novembre 2009

Bécassine et Quimper

Quand je vais à Quimper, je pense à Bécassine, surtout quand je passe devant la cathédrale ou lorsque nous visitons le musée des Beaux-Arts. On y voit quelques peintures remarquables du XIXème siècle représentant des intérieurs bretons: terre battue, bahuts dont les pieds reposent sur des cailloux, cheminée avec une vieille femme assise à l'intérieur, pot à lait et panier suspendu aux poutres.
Quand j'étais petite, ma mère m'avait offert son album L'enfance de Bécassine dans une édition de 1929 que j'ai lu et relu régulièrement jusqu'à l'usure. J'avais consolidé la reliure avec du sparadrah, depuis je l'ai couvert mais il n'est vraiment pas en bon état.
L'image véhiculée sur la Bretagne inculte et bornée ne m'avait guère marquée, je n'y voyais ni racisme, ni mépris au contraire. J'y ai beaucoup appris notamment sur les rapports humains et les différences entre classes sociales! Je n'ai jamais aimé que ce premier volume probablement à cause de la qualité du papier, très épais, doux et pelucheux, la qualité des dessins et la gentillesse de Bécassine. Les autres aventures n'ont jamais eu la même fraîcheur.
Je ne me lassais pas de lire certains aventures et de voir et revoir les meilleurs tableaux: les Labornez désolés de ne pas voir le nez de leur fille pousser puisqu'à "Clocher les Bécasses, l'intelligence est en proportion de la longueur du nez". J'y croyais un peu et ça me consolait car l'appendice familial en héritage relève parfois de la trompe. Cela étant, la méchanceté de Marie Quillouch me faisait douter de la relation entre intelligence, humanité et longueur du tarin.
J'aimais particulièrement l'oncle Corentin, Poulet le chat blanc qui léchait la figure de Bécassine (mon chat à moi, Minette ne faisait que me caresser le visage de sa queue douce et soyeuse), Bécassine volée (qui n'a jamais rêvé ou eu peur d'être un enfant volé notamment par les Bohémiens) par le grand chien noir, Turc, qui la dépose sur la place du village entourée de la marmaille et de toute la volaille!
On apercevait sur quelques vignettes, la cathédrale de Quimper, les rues étroites et pavées. J'adorai la famille du bohémien dont les enfants dépenaillés m'épataient.