dimanche 8 novembre 2009

My Dilo

"Une limite est un niveau que l'on ne doit pas dépasser ou on est au bord du dangereux" ..... Voilà ce matin mon quotidien ou mon " dilo" ou day in the life of BBGS: les copies et leurs perles! C'est la saison entre la rentrée et les vacances de Noël, période chargée pour les élèves puisque nous sommes à mi parcours du mi-trimestre .... au soleil de Bretagne, au petit frais du matin!
"Pendant les élections européennes on a constaté une importante abstinence" ....En période d'élection, point d'érection! Le citoyen n'a pas le coeur à la gaudriole trop préoccupé par son choix électoral. "La guerre du Vietnam explose, le vase déborde". " Ils organisent (les hippies) un grand festival, Woodstock, dans lequel différents artistes viennent chanter pour stopper cette guerre, grâce à ce rassemblement majeur et à un tel soutien, la guerre se termine". Je me délecte et me demande parfois comment ils ont fait pour arriver en terminale!!! Bof, de toute façon ils auront leur bac sans trop de problèmes. C'est après que ça se corse!
Je les aime bien mes élèves et leurs copies, ils s'accrochent et progressent. Ils sont parfois très lucides sur l'adolescence comme cet élève qui m'a dit, "l'année dernière j'allais mal mais depuis que je vois au dessus des autres, je vais mieux" (1,90m au bas mot, plus du tout de boutons sur la figure, juste une tête de chippendale avec un sourire à tomber..... ne lui manque plus que quelques pectoraux)!

Sinon, c'est aussi, pour moi le petit déjeuner du matin avec Ouest-France dont je lis toutes les pages y compris celles concernant les patelins voisins, trous en surface garantis; la rubrique agricole, très riche en informations (je suis fan des agriculteurs, admirative pour leur travail), les obsèques, les invités du jour sur France Inter, les faits divers (très nombreux). Le dernier en date concerne le droit des boucs à puer le bouc à Trébrivan dans les Côtes d'Armor. Youpi! On est content pour eux. C'est vrai, ça, faire interdire le bouc dans un élevage de chèvres, mais où va-t-on ? Il a donc fallu que l'expert mandaté par une assurance autorise l'éleveur à entretenir au sein de son élevage de femelles affriolantes un mâle sévèrement burné contre l'avis du voisin qui se plaignait de l'odeur notamment en période de rut! Dans sa prairie, le bouc El Kebab ne sent plus le bouc, il doit donc y rester! Magie de la campagne!



Puis c'est l'école, quelques heures de cours avec des élèves dynamiques et motivés, la sieste de l'après-midi, la tonte du jardin, parfois, le petit footing réparateur, le repas light avec ma dernière adolescente, le plan PBLV... et la soirée multiactivités du soir, l'ordinateur sur les genoux.
Et vous, votre dilo???

jeudi 5 novembre 2009

Une grand'messe.


Cela fait bien longtemps que je n'étais pas allée à une messe de l'éducation nationale! Par curiosité avec un léger relent de conscience professionnelle étant PPT (traduire prof principale de terminale) je me suis portée volontaire pour un baroud université/lycée concernant l'orientation, priorité nationale et grande priorité du recteur! C'était à Brest, dans les locaux de l'UBO avec tout le gratin du secondaire et de l'université.
Je me méfiais craignant la langue de bois, la poudre aux yeux et les bavardages.
L'université que j'ai connue est morte, il y a des gens qui mouillent leur chemise pour la rendre compétitive et attractive sur le marché des diplômes, on y a plus que jamais le souci de l'étudiant même si le retard accumulé depuis des lustres est difficile à rattraper. Certains pensent au contraire que tout n'est que bavardages et qu'il ne suffit pas de publier des statistiques et des organigrammes des formations pour faire penser que l'université nouvelle est arrivée!
Je ne sais qui croire, j'avoue! Brest a une université relativement récente (vu l'architecture au moins 30 ans), les locaux ne sont pas trop délabrés contrairement à ce qui peut exister dans certaines villes. La fac n'a donc pas l'air pitoyable, juste "en l'état" mais je dois manquer d'éléments de comparaison. J'avais envie de voir tout cela sous un oeil optimiste, ce n'est probablement pas le cas de toutes les personnes présentes, les éternels sceptiques qui voient le mal partout, le manque de travail, le futile, l'inutile!
Pour nous être déplacés, nous avons reçu un magnifique cartable avec force plaquettes afin d'en faire la promotion auprès de nos élèves. Hier c'est mon système que j'ai trouvé vieillot, archaïque et "planplan!" Le ministère a accouché d'une souris en guise de réforme des lycées, dommage! Aujourd'hui, je ne sais plus quoi penser: réels progrès ou poudre aux yeux?

mardi 3 novembre 2009

Le jour de votre nom


Qui a aimé le livre de Fabrice Humbert, aimera le jour de votre Nom d'Olivier Sebban. On y retrouve un certain nombre de thèmes communs (la guerre, le poids des origines). A l'hiver 1939, Alvaro, jeune républicain espagnol aux prises avec les dernières secousses de la guerre d'Espagne, est contraint à l'exil vers la France, suite à un guet-apens organisé par son beau-père. Quittant sa femme et ses deux enfants, Santiago et Victor, il tourne le dos à l'Espagne fasciste pour suivre la crête des collines, jusqu'à une première forêt qui lui indiquera le chemin des Pyrénées. Pour tout bagage, il emporte avec lui, depuis le Cabo de Ajo de son Espagne natale, le journal de sa soeur Esther, reçu par la poste deux ans auparavant. L'auteur nous plonge alors par une série de flashback dans une " spéléogie des origines", le héros psalmodie comme on lit la bible, le récit de sa soeur concernant son père et éprouve la cruauté de l'époque.
Le livre est très très bien écrit, dans une langue riche qui évoque à merveille les paysages et les situations vécues, les routes du littoral basque, la procession des réfugiés espagnols sur les chemins des Pyrénées, les travaux des champs dans une ferme de Saint-Bertrand de Cominges, les châlits du camp de Gurs. Je suis moins sensible à la réflexion sur le destin du père incarné par le fils mais c'est sans doute un des grands intérêts du roman. Ce livre riche, magnifiquement écrit signale un grand écrivain.

dimanche 1 novembre 2009

Les vacances à la montagne!

Après une semaine sans internet pour cause de vacances, je n'ai pas, d'emblée, consacré mon premier article de retour à évoquer mes activités dans les Pyrénées. J'hésite en fait à faire de la publicité pour cette magnifique région, ce trou du cul du monde qui n'a que les ours pour faire parler d'elle. Cette année encore nous avons sacrifié/sanctifié les vacances de Toussaint (en bonne enseignante qui bouffe du curé, je devrais dire vacances d'automne) à la semaine de villégiature dans notre village paumé.
Malgré une arrière saison estivale, il y avait encore moins de monde que les années passées, pas un chat sur les chemins de montagne. On a vu des traces de sangliers ayant foui les pâtures, croisé quelques chevaux, admiré les vautours qui planaient au dessus des sommets, en bande à la recherche de quelques carcasses mais point de randonneurs. Nous nous sommes baignés (enfin immergés) dans les lacs à 9°, nous avons grillé des saucisses, des côtes d'agneaux sur la grille et le bois acheminé sur nos sacs à dos.


Tous les jours, à notre retour nous avions droit au debriefing du boucher: "Avions-nous vu l'ours?" Il était très fier d'exhiber les photographies des empreintes du "fauve" qu'il avait pisté l'été. Depuis tout le village ne parlait plus que de ça! Nous avons donc appris que les grognements entendus en descendant dans la brume de notre lac préféré n'étaient en fait que ceux d'un chevreuil effrayé par nos bruits non celui de l'ours. Paniqué, le chevreuil se tétanise, reste caché derrière son rocher et produit à l'encontre des malotrus un aboiement agressif et mauvais. Point d'ours donc! De toute façon il est fort probable que la bête ait été tuée, les associations qui la pistent n'ont plus de nouvelles depuis la dernière battue aux sangliers!



Je sacrifie donc à l'expression neuneu, "que du bonheur! " (sauf pour l'ours). Que demander de plus?

samedi 31 octobre 2009

Manuel de guérilla à l'usage des femmes


Je ne connaissais pas monsieur Besson, il y a encore peu de temps. Certes, j'avais entendu parler de son départ du PS et de son fracassant changement de camp, je suis au courant de son nouveau job à la place de Brice H... J'avais surtout vu le personnage, hilare et arrogant au milieu d'un groupe de jeunes UMP, "faire un doigt aux journalistes", geste déplacé et vulgaire de la part d'un ministre, pitoyable acte qui m'avait rendu le bonhomme définitivement antipathique... Mais je connaissais sa femme, éminente géographe, vue et entendue lors de colloques, droite dans ses baskets, compétente. J'en apprécie les articles et les interventions pertinentes, solidement étayées. J'ai donc appris au détour d'un article critique de son dernier ouvrage qu'elle était fraîchement divorcée de monsieur Besson.
J'ai craqué pour son livre! Il faut bien dire que le titre est racoleur! Qui n'a pas dans son entourage des femmes délaissées par un mari infidèle, parti convoler avec une jeunette (qu'on appelle pétasse, ou gourdasse, comme Sylvie Brunel l'écrit si justement) à qui, à son corps défendant, il a fait un enfant voire deux! L'auteur fait donc une description réaliste et véridique de ce que les femmes abandonnées quinquagénaires vivent au quotidien, elle décrit le processus qui mène au divorce, puis souvent la déchéance, la culpabilité, les difficultés financières, la mésestime de soi parfois même la maladie. Pour les plus chanceuses, tandis que l'ex pouponne au côté d'une nana qui se révèle à l'usage une harpie tout comme l'était la "vieille" mais en pire .... une nouvelle vie commence, épanouie et libre. Ce qui est rare!
Cela étant, contrairement à ce que laisse penser le titre, ce n'est pas un manuel de combat ... non! Pas de recettes, mais des voeux pieux, des constats notamment celui, éculé, concernant l'inégalité homme/femme.
Ce livre est surtout une biographie de monsieur Besson dont il n'a rien à craindre, au contraire! Sylvie Brunel fait son panégyrique, son éloge, au point qu'on se dit qu'elle l'aime toujours ou qu'il s'agit d'une opération marketing.... Dommage! Le personnage ne me semble pas pour autant plus sympathique, mais à lire l'auteur, cet homme est bourré de qualités ..... même si comme elle le laisse entendre c'est un fiéffé "queutard" ...
Je suis donc déçue, par cet ouvrage qui se lit bien rapidement, à acheter pour un voyage en train ou en automobile. Rien à voir avec la première épouse de Françoise Chandernagor (que je trouve aujourd'hui pourtant bien vieilli)..
Rien de nouveau sous le soleil!

mardi 27 octobre 2009

Les ravages de l'âge.



Il est des jours où rien ne va.... où un rien vous fait plonger dans la déprime, enfin ... n'exagérons pas, mais vous prenez réellement conscience de la réalité.
C'est ainsi qu'hier en shopping dans la grande ville d'à-côté, je décidais d'entrer dans un magasin de parfumerie afin de renouveler les pigments que je mets sur mes paupières. Senteurs lourdes, abondance de brillants, de luxe doré et argenté, rose dominant et surtout magnifique vendeuse, hyper moulée dans un ensemble jupe tee-shirt noirs, cheveux raides à la coupe à la mode, la mèche lissée sur le front, mains impeccables aux ongles vernis, lèvres rouges sombres sur lignées d'un trait, teint de porcelaine.... Porcelaine artificielle certes, plâtrée, me ferait dire mon vieux fond de misogynie.
Elle me fait donc la retape sur la gamme de produits pour rajeunir, genre "ma pauvre vous avez tout à apprendre, vous mettez quoi ? Du rose? Qu'à cela ne tienne", et d'étaler sur le dos de sa main à la peau translucide, les merveilleuses couleurs sensées me ravaler.... Quand, soudain je jette un oeil sur le miroir au dessus de l'étalage de fards à paupières, et là .... je me suis vue. Horreur! Triste, les ravages de l'âge ayant fait leur oeuvre, la joue pendante, le poil dru, les tempes dégarnies, le teint cireux, les cernes, la paupière molle et fripée, le front haut (j'ai lu effectivement le cheveu se fait rare en vieillissant, les femmes ont tendance à ressembler au portrait d'Elizabeth 1ère). J'ai eu un tel choc que j'ai mis fin à la conversation et je suis sortie .... retrouvant l'univers gris de la rue qui correspondait mieux à ma tenue vestimentaire et à mon humeur. Du coup je suis allée m'acheter une orgie de sushis aux halles, pas des sushis ridicules que l'on trouve à Paris tous au même goût artificiel et usinier, du bon vrai sushi aux poissons frais, fait avec amour par mon vendeur préféré Maurice.

mercredi 21 octobre 2009

Un village français


Décidément la deuxième saison du téléfilm produit par france 2 ne me déçoit pas plus que la première série pour laquelle j'avais déjà publié un article emballé. Cette nouvelle période prend aux tripes. Le quotidien des Français, leurs doutes, leurs décisions heureuses ou malheureuses nous fait mieux comprendre et ressentir ce qu'a pu être la guerre. Ma petite est même restée scotchée devant la télévision avec ma bénédiction.
L'épisode de mardi était particulièrement terrible notamment la scène où l'entrepreneur Schwarz est en consultation chez un médecin habilité, après examen, à lui délivrer un certificat de non judéité. Les remarques antisémites proférées par le collaborateur de la politique raciale du régime de Vichy pendant l'auscultation, ponctuée du relevé chiffré des caractéristiques aryennes ou non, nous mettaient réellement dans la peau du héros qui, très vite, renonce à poursuivre. Cette scène criante de vérité était remarquablement bien jouée.


Pour qui connaît un peu l'histoire de la guerre, on peut aisément imaginer la suite, et pourtant ça n'enlève rien au suspens tant les acteurs sont tous excellents.
Finalement la télé sans pub, avec des programmes de grande qualité qui commencent dès 8H30, c'est très agréable!